Le Lac

Localisation

Le lac Nairne est situé dans l’arrière-pays de Charlevoix, à quelque 20 km à l’ouest de La Malbaie et à égale distance des rivières du Gouffre et Malbaie. D’une superficie de 240 ha il constitue le cœur d’un bassin de drainage où on note la présence de trois autres lacs (Le lac Sainte-Marie, le lac Antoine et le lac Brûlé). À lui seul, il draine un bassin versant de 25 km2 dont la Décharge constitue un affluent de la rivière Malbaie.

La municipalité de Saint-Aimé-des-Lacs, où se situe le lac Nairne, occupe une place unique dans la région de Charlevoix, réputée pour ses paysages montagneux spectaculaires et l’omniprésence du fleuve Saint-Laurent. En effet, elle couvre un territoire de 101 km2 où plus d’une dizaine de lacs parsèment, comme autant de joyaux, les paysages ondulés au pied du contrefort des Laurentides.

Des résidences d’été se sont établis en périphérie de six de ces lacs. Près de 60 % des villégiateurs de la municipalité se sont établi sur les berges du Lac Nairne.

L'origine du nom

Le territoire où se situe le Lac Nairne constitue une partie de la seigneurie de Murray Bay qui fut concédée par le gouverneur James Murray à John Nairne (1731-1802). Le lac honore la mémoire de ce capitaine du 78e régiment d’infanterie de sa Majesté connu sous le nom de Fraser Highlanders.

Curieusement, seule la moitié sud-ouest du lac appartient à l’ancienne seigneurie de Murray Bay de telle sorte que cette partie des fonds du lac (celle de la seigneurie) seraient de propriété privée alors que la partie nord-est, de propriété publique.

L’orthographe Nairne prête à controverse. John Nairne orthographiait son nom avec un « e », mais l’usage semble l’avoir amputé pour l’appellation Nairn sans « e », comme pour d’autres odonymes honorant la mémoire du seigneur Nairne. Quoiqu’il en soit, le Lac Nairne est souvent désigné comme Grand Lac Saint-Agnès d’une part pour le distinguer d’un autre lac, plus petit celui-là, le lac Sainte-Marie ou Petit lac Sainte-Agnès, sur les rives duquel s’est établi le village de Saint-Aimé-des-Lacs.

Caractéristiques physiographiques

Situé au cœur de la dépression annulaire de l’astroblème de Charlevoix, à une altitude de 218 m, le lac Nairne repose sur des dépôts fluvio-glaciaires. Il présente de très belles plages. De fait, les plages de sables blonds présentent des pentes douces d’une largeur pouvant atteindre plus de 200 m. Des eaux de haute qualité sur le plan bactériologique, la température confortable de ses eaux invitent à la pratique d’activités nautiques diversifiées (hyperlien vers page  » les activités nautiques, dossier les activités nautiques). Le lac constitue en somme un plan d’eau fort prisé, le seul sur la rive nord du Saint-Laurent et à l’est de la ville de Québec où la baignade est confortable et sécuritaire. Les berges du lac sont en pente douce. Certaines sont légèrement en surplomb par rapport aux eaux sans toutefois présenter de difficultés d’accès au plan d’eau.

Dans ces conditions, il n’est guère surprenant que de nombreux villégiateurs s’y soient installés très tôt. De fait, les villégiateurs de la côte charlevoisienne de la fin du XIXe siècle, fuyant l’agitation de la station touristique de Murray Bay sont venus y taquiner l’omble de fontaine. Plus tard, à la fin du premier tiers du XXe siècle, les commerçants et notables des environs ont commencé à s’y établir.

Développement de la villégiature

Le Lac Nairne compte plus de 250 résidences et chalets. Déjà, dans certains secteurs, on dénombre trois rangées de chalets, ce qui occasionne d’importantes pressions sur les ressources, notamment sur la qualité de la nappe phréatique. Le développement de la villégiature, bien qu’ayant débuté vers la fin du premier tiers du XXe, s’est accéléré au cours des années cinquante et soixante. À cette époque, les normes environnementales de disposition des ordures et des eaux usées étaient plus ou moins inexistantes. De même, les superficies minimales d’établissement de chalets ne faisaient pas l’objet de réglementation de telle sorte qu’une forte spéculation foncière se traduisant par la subdivision des lots a occasionné, dans certains secteurs, une haute densité de l’habitat.

Comme un bon nombre de propriétaires ont acquis leurs lots entre 1950 et 1970, plusieurs installations sanitaires ne sont pas conformes à la réglementation actuelle en raison d’une part de la faible superficie des terrains et, d’autre part à l’absence de normes à cette époque. Les études de caractérisation des eaux, des rives et des installations sanitaires effectuées en 1989, dans le cadre du programme des Lacs du ministère de l’Environnement, ont démontré l’excellente qualité bactériologique des eaux de baignades du lac Nairne, un taux élevé d’artitficialisation des rives et quelques installations sanitaires polluantes. Celles-ci ont fait rapidement l’objet de correctifs.

Les années 90 ont été marquées par deux phénomènes qui ont contribué à l’accroissement des pressions sur les ressources. Dans un premier temps, on a constaté un allongement de la saison de villégiature en même temps qu’un accroissement de la fréquentation des chalets. Dans un deuxième temps, on observe la transformation des chalets en résidences permanentes. Cela accroît d’autant les répercussions environnementales que subit le lac. En cela, le lac Nairne n’est pas différent des autres lacs du Québec.

Bien qu’il ne reste que quelques rares terrains vacants aux abords des rives des six lacs de Saint-Aimé-des-Lacs, la municipalité a voulu agir pour contrôler le développement de la villégiature sur son territoire. Elle s’est donc dotée en l’an 2000 d’un règlement de contrôle intérimaire à cet égard. Si l’idée était bonne, les moyens étaient inappropriés. En effet, la réglementation municipale visait à diminuer la densité d’occupation de ses zones de villégiatures par attrition. Ainsi, il devenait presque impossible d’apporter des améliorations sur toutes les propriétés d’une superficie de moins de 1 200 m2. Il n’était également plus possible de reconstruire sur ces propriétés advenant un incendie ou toute autre destruction des chalets. Les villégiateurs et résidents bénéficiaient toutefois de droits acquis grâce à un environnement réglementaire municipal jusqu’alors laxiste. L’association a donc participé à la révision du règlement de contrôle du développement de la villégiature de la municipalité de Saint-Aimé-des-Lacs. Elle poursuivait deux objectifs prioritaires. Le premier visait la préservation de l’environnement et donc de la qualité du cadre de vie et du plan d’eau et, en second lieu, le maintien des droits acquis des résidents et villégiateurs.

L’association et la municipalité ont, d’un commun accord, maintenu l’intégralité des droits acquis des villégiateurs et résidents des zones de villégiature de la municipalité. Objectif atteint certes, mais l’objectif de préservation de l’environnement du lac Nairne est resté sur le plan de travail malgré les représentations de l’association qui visaient essentiellement un contrôle plus serré de la gestion des installations sanitaires et la mise à niveau des installations septiques vieillottes ou non conformes aux réglementations actuelles.

Il n’a fallu que deux étés exceptionnellement chauds pour que les premiers signes de vieillissement prématuré hyperlien vers la qualité des eaux dans dossier Environnement du lac Nairne apparaissent.