L’environnement

L’eutrophisation

L’eutrophisation est le processus de vieillissement naturel des lacs. Il résulte de l’accumulation de sédiments et de nutriments provenant de son bassin versant ce qui occasionne la prolifération et la dégradation de matière organique. Dans des conditions naturelles, le vieillissement des lacs est un processus qui s’étend sur des milliers d’années. Toutefois l’eutrophisation peut être accéléré de façon considérable par les activités humaines. Le vieillissement du lac peut se réaliser, si rien n’est entrepris, sur quelques dizaines d’années.

Le lac Nairne montre depuis quelques années déjà des signes d’eutrophisation. On a ainsi noté un léger accroissement de la superficie des herbiers, donc de végétation aquatique, et des fonds sableux moins fermes. Ce changement subtil et somme toute insignifiant n’aurait très certainement pas été remarqué si les étés 2001 et 2002 n’avaient été exceptionnellement chaud et sec. Ainsi à l’automne 2001, les riverains ont assisté à une première fleur d’eau (document pdf). L’association s’est rapidement intéressée à ces changements. Les ministères concernés ont été avisés de la présence de fleurs d’eau. La régie régionale de la Santé et des Services sociaux a réuni, dès juillet 2002, une brochette d’experts gouvernementaux et d’acteurs locaux afin de suivre l’évolution des fleurs d’eaux et d’émettre, le cas échéant, des avis visant la protection de la santé publique. L’une des premières tâches du comité a été d’identifier certains paramètres physiques et chimiques des eaux du lac afin de préciser son état d’eutrophisation. Les résultats d’analyses des échantillons recueillis lors de la première campagne de terrain ont démontré l’état d’eutrophisation du plan d’eau alors que le taux d’oxygène dissous sous la thermocline était de zéro ( 0 % ) et que le taux de phosphore était de 22 µg/l2.

En raison des températures exceptionnellement élevées des eaux, soit plus de 23°C, qui ont fait la joie des baigneurs et des plaisanciers, et de l’absence d’oxygène, les résidents ont assisté à une importante mortalité d’ombles de fontaine et d’ombles chevaliers qui, cherchant des eaux moins chaudes et mieux oxygénées se sont retrouvées en surpopulation dans le tributaire principal du lac Nairne. Cette mortalité de géniteurs a eu l’effet d’un électrochoc (document pdf) auprès des populations locales, des villégiateurs et des responsables ministériels. Parce qu’on ne connaissait pas de façon précise la cause de ces mortalités, succédèrent aux avis recommandant de ne pas consommer les poissons du lac, les avis d’interdiction de consommation et d’utilisation de l’eau du Lac Nairne, et ce, dans l’attente des résultats de la nécropsie des poissons de même que des résultats des analyses chimiques et bactériologiques des eaux. Les analyses ne démontrèrent aucune cause externe. La mortalité des poissons constituait l’une des conséquences de l’eutrophisation.

À l’automne, dès que les résultats de la nécropsie des poissons et celles des analyses chimiques et bactériologiques des eaux furent connues, les villégiateurs du lac Nairne assistèrent à un long épisode de floraison d’eau. La présence de cyanobactéries de même que de d’hépato toxines fut confirmée. Le lac Nairne vieillissait prématurément.